France-Luxembourg, une relation à réinventer…

A l’occasion de la parution d’un long article sur « le Quotidien », ce lundi 19 novembre, nous vous proposons de vous associer à la réflexion qui a mené à la publication de cette interview, et de ce qui y est évoqué (liens vers l’article complet à la fin de ce post).

Mobilité des frontaliers : « Nous sommes 45% des actifs du pays »

Dans les prochaines semaines ou mois, nous vous proposons de débattre, ici-même ou ailleurs  des solutions qui pourraient permettre à la fois au Grand-duché de parvenir à atteindre ses objectifs de croissance et de développement, et aux travailleurs frontaliers de bénéficier de meilleures infrastructures/solutions de transport, et in fine, de meilleurs conditions de vie.

A suivre donc !

Article AVTERML-LE QUOTIDIEN-191118

L’AVTERML reçue pour la première fois par la Direction des CFL

Suite au communiqué publié après les événements du 3 octobre, nous avons été sollicités par les CFL pour nous rendre, mardi 6 novembre,  à une réunion au siège de l’entreprise. Le but était d’aborder les problèmes quotidiens auxquels nous sommes confrontés entre Bettembourg et Luxembourg.

L’assemblée comprenait 4 membres de l’AVTERML et différents acteurs importants de la direction CFL :
– M. Wengler, Directeur Général
– M. Hoffmann, Directeur des Activités Voyageurs
– M. Werdel, Directeur Gestion Infrastructure
– Mme Nonnweiler, chargée de Gestion du service Communication
– M. Lux, responsable qualité

La Direction a d’emblée reconnu la difficulté quotidienne à gérer le trafic qualifié de « tsunami de trains » venant de trois pays, s’ajoutant à celui des lignes luxembourgeoises et convergeant vers Luxembourg.

L’arrêt « Neuberg » le matin, les départs tardifs le soir

Ce goulot d’étranglement avant la gare de Luxembourg Ville ne disparaîtra que lorsque les trains venant de France n’arriveront plus sur la même voie que ceux de la ligne 60 (Esch).  D’importants investissements sont réalisés sur tout le territoire dans le but de désengorger la gare de Luxembourg. Plus de détails sur les chantiers dans la présentation mise à disposition par CFL .

Les préconisations pour les périodes de travaux

Au mois d’avril, l’AVTERML avait pu fournir des préconisations pour la période des travaux de juillet-août. Celles-ci ont été parfois peu prises en compte (arrivée des TER voie 1 à Bettembourg pour éviter le passage souterrain ; bus desservant le Kirchberg). L’inclusion et le dialogue restent à privilégier dans le cadre de l’organisation des futures périodes de travaux.

La communication en général

Malgré une communication claire en amont lorsqu’il s’agit des chantiers, celle faite en gare est cependant encore perfectible. Cela provoque un sentiment de frustration grandissant chez beaucoup d’usagers qui se sentent « abandonnés » sur les quais en cas d’incident. L’information voyageurs en temps réel est un besoin fort que l’entreprise ne satisfait pas pour le moment, mais sur lequel elle travaille activement.

Une avancée dans la relation voyageurs / opérateur ferroviaire

Nous avons été extrêmement bien accueillis et considérés lors de cette réunion. Les CFL montrent par cette sollicitation leur souhait de mieux prendre conscience du ressenti des usagers du quotidien, et de construire une relation de dialogue régulière et efficace avec l’AVTERML.

 

Les Chroniques de Dimitri #2

Chronique à retrouver également sur Twitter

Amis et amers du TER, bonjour ! Comme promis dans la précédente chronique après la PGV (Proposition Grande Vitesse), voici « mais à quoi sert l’ILR* alors » évoqué il y a 2 semaines.

*Institut Luxembourgeois de Régulation

TL;DR de l’épisode 1 : en tant que client final, vous ne pouvez pas saisir l’ILR pour vous plaindre d’un problème ferroviaire. Pour se plaindre des CFL, vous devez passer par les CFL.

En revanche, si l’ILR prend la précaution de vous dire qu’elle ne peut rien pour vous en ferroviaire, ça n’est pas uniquement pour ne pas se surcharger de mails et d’appels téléphoniques, quoique… C’est parce que la loi lui donne des pouvoirs… mais pour les « professionnels ».

En effet, si au lieu de choisir « particuliers » sur le site ilr.lu , on choisit « professionnels », on voit ça :

Après les bonnes résolutions du genre premier janvier au début de la liste, viennent dans les  2 derniers points, le pouvoir du bâton de gendarme : litige et  sanction.

Bon, ne vous réjouissez pas trop vite. Ou plutôt réjouissez-vous à la vitesse d’un TER, pas d’un TGV. Il n y a pas d’interface automatisée pour les professionnels afin de soumettre un litige.

Comme dit la loi fondant l’ILR dans son chapitre 2, paragraphe 2, il faut utiliser une bonne vieille lettre recommandée et écrire en français ou allemand (pas d’anglais ni de luxembourgeois, s.v.p) et attendez deux mois.

Question plus intéressante : qui sont les pros qui peuvent se plaindre ? Grosso modo, seules les entreprises ferroviaires selon le chap. 1er, art. 2, §2.

Bref, chez nous SNCF peut se plaindre, pas une institution du type Région Grand-Est et encore moins une association de voyageurs. A croire qu’on fait tout pour éviter de recevoir des plaintes, non ?

Mais bon, théoriquement, on pourrait se dire qu’à force d’avoir des trains « oubliés » ou retardés pour laisser passer le trafic national en gare de Luxembourg, SNCF a peut-être introduit une plainte envers les CFL.

 

Sauf que… CFL et SNCF sont très étroitement lies sur notre ligne. Il y a déjà les 4 rames CFL qui circulent jusqu’à Metz et Nancy, — enfin quand elles sont disponibles pour nous. Ensuite il y a un truc qui s’appelle un certificat de sécurité.

Pour circuler sur le réseau ferré d’un pays, chaque entreprise ferroviaire doit posséder ce certificat qui prouve son respect de certaines obligations (formation des conducteurs par exemple). Et devinez quoi ?

En France, CFL circule sous le certificat de sécurité SNCF, et inversement au Luxembourg. Bref, les 2 entreprises sont liées pour le meilleur et le pire… Pas de blague sur le meilleur, merci.

Si l’on rajoute que certains trains de marchandises sont organisés par des filiales communes (coucou Sibelit et lorry rail), Il est donc peu imaginable si vous êtes SNCF que vous vous embêtiez à enregistrer une plainte et fâcher votre partenaire pour quelques voyageurs.

Surtout que ces voyageurs ne sont pas réellement vos clients puisque votre client, c’est beaucoup le Conseil Régional et un peu l’Etat luxembourgeois via les CFL.

Sur ces remarques, je vous laisse donc méditer sur l’efficacité totale réelle de l’ILR obtenue par le législateur afin que les différents trains de voyageurs ne soient pas traités différemment sur le réseau luxembourgeois…

Après publication, Didier Wallerich, Directeur des Affaires Publiques et de la Communication Externe chez SNCF Mobilites, a apporté la précision suivante :