Les Chroniques de Dimitri #2

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Amis et amers du TER, bonjour ! Comme promis dans la précédente chronique après la PGV (Proposition Grande Vitesse), voici « mais à quoi sert l’ILR* alors » évoqué il y a 2 semaines.

*Institut Luxembourgeois de Régulation

TL;DR de l’épisode 1 : en tant que client final, vous ne pouvez pas saisir l’ILR pour vous plaindre d’un problème ferroviaire. Pour se plaindre des CFL, vous devez passer par les CFL.

En revanche, si l’ILR prend la précaution de vous dire qu’elle ne peut rien pour vous en ferroviaire, ça n’est pas uniquement pour ne pas se surcharger de mails et d’appels téléphoniques, quoique… C’est parce que la loi lui donne des pouvoirs… mais pour les « professionnels ».

En effet, si au lieu de choisir « particuliers » sur le site ilr.lu , on choisit « professionnels », on voit ça :

Après les bonnes résolutions du genre premier janvier au début de la liste, viennent dans les  2 derniers points, le pouvoir du bâton de gendarme : litige et  sanction.

Bon, ne vous réjouissez pas trop vite. Ou plutôt réjouissez-vous à la vitesse d’un TER, pas d’un TGV. Il n y a pas d’interface automatisée pour les professionnels afin de soumettre un litige.

Comme dit la loi fondant l’ILR dans son chapitre 2, paragraphe 2, il faut utiliser une bonne vieille lettre recommandée et écrire en français ou allemand (pas d’anglais ni de luxembourgeois, s.v.p) et attendez deux mois.

Question plus intéressante : qui sont les pros qui peuvent se plaindre ? Grosso modo, seules les entreprises ferroviaires selon le chap. 1er, art. 2, §2.

Bref, chez nous SNCF peut se plaindre, pas une institution du type Région Grand-Est et encore moins une association de voyageurs. A croire qu’on fait tout pour éviter de recevoir des plaintes, non ?

Mais bon, théoriquement, on pourrait se dire qu’à force d’avoir des trains « oubliés » ou retardés pour laisser passer le trafic national en gare de Luxembourg, SNCF a peut-être introduit une plainte envers les CFL.

 

Sauf que… CFL et SNCF sont très étroitement lies sur notre ligne. Il y a déjà les 4 rames CFL qui circulent jusqu’à Metz et Nancy, — enfin quand elles sont disponibles pour nous. Ensuite il y a un truc qui s’appelle un certificat de sécurité.

Pour circuler sur le réseau ferré d’un pays, chaque entreprise ferroviaire doit posséder ce certificat qui prouve son respect de certaines obligations (formation des conducteurs par exemple). Et devinez quoi ?

En France, CFL circule sous le certificat de sécurité SNCF, et inversement au Luxembourg. Bref, les 2 entreprises sont liées pour le meilleur et le pire… Pas de blague sur le meilleur, merci.

Si l’on rajoute que certains trains de marchandises sont organisés par des filiales communes (coucou Sibelit et lorry rail), Il est donc peu imaginable si vous êtes SNCF que vous vous embêtiez à enregistrer une plainte et fâcher votre partenaire pour quelques voyageurs.

Surtout que ces voyageurs ne sont pas réellement vos clients puisque votre client, c’est beaucoup le Conseil Régional et un peu l’Etat luxembourgeois via les CFL.

Sur ces remarques, je vous laisse donc méditer sur l’efficacité totale réelle de l’ILR obtenue par le législateur afin que les différents trains de voyageurs ne soient pas traités différemment sur le réseau luxembourgeois…

Après publication, Didier Wallerich, Directeur des Affaires Publiques et de la Communication Externe chez SNCF Mobilites, a apporté la précision suivante :

 

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